Ces murs qui résonnent - Festival d'Aix-en-Provence - 2018 - Vincent Beaume
Ces murs qui résonnent - Festival d'Aix-en-Provence - 2018
« Ces murs qui résonnent »

Chaque année au Festival d’Aix-en-Provence, des enfants d’écoles primaires, collèges et lycées participent à des parcours de découverte de l’opéra. Leurs enseignants choisissent de travailler sur une des œuvres de la programmation et, cette année à Gardanne, une classe de 4e du collège Gabriel Péri a choisi d’explorer l’opéra Didon et Enée, accompagnée de leurs professeurs Anne-Claire Gilles et Marie Rossigneux, et du photographe Vincent Beaume.

Le projet de cette classe est en lien avec la mise en scène de Didon et Enée qui fait place à un mur au cœur du décor, un mur qui se transforme... S'agit-il d'un temple ? D'un arsenal ? De ruines ? Un mur à l’image de ces murs réels ou symboliques, infranchissables ou protecteurs, un mur qui accueille en son sein le passage du temps, lien entre passé et présent, entre Didon et Enée… Aujourd’hui, c’est au tour des élèves de placer les murs de leur ville dans une « scénographie » …

Pour cela, pas à pas, les élèves ont découvert la scénographie de l’opéra pour ensuite initier un travail d’écriture photographique et poétique.

Dans un premier temps, ils ont littéralement été immergés dans la musique de l’opéra Didon et Enée lors d’un atelier avec les musiciens relais du festival.

Lors de la visite aux ateliers de décor du festival d’Aix à Venelles, ils ont découvert « le mur », ce fameux mur de Carthage au cœur de la scénographie de l’opéra. Ils ont pu voir comment se fait le travail de la matière à la recherche d’une texture pour rendre le passage du temps.

Forts de ces premières rencontres, les élèves se sont impliqués dans ce projet qui interrogeait leur regard sur leur ville. Au cœur du projet, non plus le mur de Carthage, mais les murs de Gardanne et leur résonnance.

Comment s’engager à regarder la ville, regarder les murs de notre ville ? Ces murs, à la fois présence du quotidien et traces du passé, à la fois familiers, parce que dépassés chaque jour, et distants, parce que si peu regardés… Comment porter un nouveau regard sur les murs de notre ville à travers un objectif ou à travers les mots ? Comment s’approprier les murs de ma ville, les habiter de son regard, de son être, sur mon trajet de chez moi au collège ?

Ainsi étape par étape, les élèves de 4e3 ont découvert les fondamentaux de la photographie avec une pratique du sténopé et de la photographie argentique : comprendre que l’argent noircit à la lumière, pierre angulaire d’un travail photographique, comprendre qu’on écrit avec la lumière et la composition.

En déambulant dans les rues de leur ville, ils ont réalisé des images en groupe à la chambre photographique argentique. Vous les retrouverez avec les quatre grands formats exposés.
Le projet a ensuite été ponctué d’ateliers photos en classe et de temps d’écriture. Entre chaque atelier, le temps a passé laissant à chacun, muni de son téléphone portable, des périodes d’écriture photographique libre sur son trajet quotidien. Chacun a ainsi cherché la matière de son écriture photographique en regardant passer les journées, les saisons, entre soir et matin, entre pluie et soleil…

Ces photos ramenées lors des ateliers ont permis des temps de lecture d’images, d’échanges, de réflexion sur les choix d’images… Cela mené en parallèle d’ateliers d’écriture autour de leur trajet quotidien. Les élèves ont écouté des textes d’Apollinaire, de Georges Perec, de Claude Simon, de Leslie Kaplan… Autant de poètes posant chacun leur regard singulier sur la ville. A leur tour, ils ont écrit leur ville, tout en se nourrissant de leurs photos. C’est l’aboutissement de ce travail que vous pouvez lire sur les murs de l’auditorium.
Enfin, lors des derniers ateliers, les élèves ont réfléchi à la scénographie de ce travail et à la réalisation de chemins imaginaires à partir des photos prises tout au long du projet. Chacun pouvant choisir dans les photos de tous pour proposer un nouveau trajet, une nouvelle histoire. Ainsi sont nées les frises affichées dans le hall.

Exposition du 28/06/2018 au 28/07/2018 à la Médiathèque de Gardanne




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